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Vous wreckez mon buzz, homme!

7 April, 2010

Although the French are often accused of arrogance – unjustifiably, in my opinion – there is one area where they betray a definite sense of insecurity: the health of their language. There is a widespread sense that the beautiful garden that was the French language is being slowly choked by the noxious weeds of English lexical borrowings, the seeds of which are borne across the English Channel and the Atlantic on the winds of  technological and social change, if I may be permitted to let a metaphor get a little out of hand.

Les Français ont toujours aimé utiliser des mots anglais, c’est vrai, et la terminaison –ing leur semble particulièrement attirante. Mais aussitôt arrivés en France, les emprunts prennent une allure très…française. Par exemple, “un parking”, ce n’est ni un verbe ni un participe présent, c’est un nom: a car park; “un lifting”, c’est a face lift; “un brushing”, c’est a cut and blow-dry; “un camping”, c’est a campsite. Plus récemment, on entend beaucoup et on lit, et souvent on se demande pourquoi: “un people” (ou “un pipol”), c’est a celebrity; “un rugbyman”, c’est a rugby player; “le scotch”, c’est the sellotape mais aussi la boisson alcoolisée scotch; “un string”, c’est a thong; “un tong”, c’est a flip-flop; “un flipper”, c’est a pinball machine. Et puis, mon préféré: “un talkie-walkie”, c’est a walkie-talkie. Il y en a des centaines d’autres.

Ce ne sont pas seulement les jeunes qui aiment parsemer leurs conversations de mots empruntés à l’anglais. Même ceux qui se vantent de leur érudition emploient des mots anglais, peut-être pour faire plus << sophistiqués >>. Bernard-Henri Lévy, un philosophe très médiatisé, dans une interview récente a utilisé l’expression anglaise So what? à deux ou trois reprises.

Si tout le monde se met à employer des mots et des expressions anglais, que deviendra la pauvre langue française? L’Académie française veille sur la langue française depuis 1635 comme une mère veille sur son enfant et publie des recommandations et des décisions sur ce qui est acceptable ou inacceptable du point de vue linguistique. En plus, il existe une organisation qui veille sur la francophonie, l’ensemble des pays qui parlent le français. Pour mettre en lumière ce problème d’emprunts lexiques, Alain Joyandet, secrétaire d’État chargé de la Coopération et de la Francophonie, a proposé, en février, aux étudiants et aux élèves d’adresser, par voie électronique [et non pas par mél!], à franco.mot@diplomatie.gouv.fr, des traductions innovantes pour les mots suivants : “chat”, “talk, “tuning”, “buzz” et “newsletter”- cinq mots qui ont envahi la France depuis les années quatre-vingt.

Selon un article récent de Charles Bremner, le correspondant français du quotidien The Times, les traductions gagnantes ne sont pas très impressionnantes:

  • · Le tuning (as in customizing cars) — le bolidage (from bolide = roadster/race car)
  • Le buzzle ramdam (a borrowing from Arabic, but current in French, for the festivities after sunset during Ramadam)
  • · Le talk (talk show) — le débat
  • · Le chatl’ e-blabla or la tchatche
  • · Le newsletter — l’infolettre

On ne sait pas encore si ces mots auront plus de succès que le mot << le courriel >> introduit il y a quelques années pour combattre le mot << le mél >> et que presque personne n’utilise.